Tout le monde l'appelle Tania. Mais son vrai prénom c'est Tatiana. Son regard bleu évoque le delta de la Neva et le charme unique de Saint-Petersbourg, la ville où elle a vu le jour.
Tania pose ses mains sur un piano pour la première fois à l'âge de 4 ans. Avec une grand-mère professeur de piano, les choses se font naturellement. Mais pas sans travail. Si elle admet que les heures passées devant le clavier l'ont privée d'une partie de ses jeunes années, elle souligne que c'est à l'adolescence "qu'on fait le maximum de progrès". Elle ne regrette pas cet investissement, qu'elle estime largement compensé par ses acquis. "Quand les autres finissent leurs études à 25 ans, un pianiste est déjà mûr". Et ses efforts payent : elle décroche à la fois le prix de l'école supérieure de musique de Rachmaninov et celui de l'école de musique de Rimski-Korsakov.
Véritable battante, Tania n'entend pas en rester pas là. Lorsque elle arrive en France, il y a un peu plus d'une dizaine d'années, elle ne tarde pas à obtenir également la médaille du conservatoire de Marseille, dans la classe d'Evelina Pitti.
En 1999, elle fonde le Centre Culturel International SIMPA. Depuis sa création, le SIMPA a abrité de nombreuses manifestations. Le centre a notamment accueilli en 2004 une conférence internationale de musiciens venant de nombreux pays. Conférence au cours de laquelle Attilio Scotto est intervenu en sa qualité de facteur de piano.
Des concours y sont également organisés. L'un d'eux était particulièrement original : intitulé "Ma cassette", ce concours consistait pour les musiciens à s'enregistrer sur une cassette et à l'envoyer au SIMPA afin d'être jugé par un jury. Mais après 5 ans d'existence, le concours a fait long feu sous la pression de la technologie des supports numériques.
"Vers les gens musiciens" a en revanche encore de beaux jours devant lui. Depuis 4 ans qu'il existe, ce concours destiné aux jeunes musiciens a pour vocation à encourager les jeunes à "travailler davantage". Une bonne raison, s'il en fallait, pour que Gebelin s'y associe en tant que partenaire.

Tania en est convaincue : on ne peut pas tout interpréter, parce que "nous sommes tous différents". Elle explique : "d'un point de vue technique, on peut tout jouer, mais après, il faut tenir compte de l'époque, du compositeur, de sa personnalité". Son critère ultime? "Faire pleurer la salle!". C'est là toute l'exigence et la force de Tania, qui s'est fixée la mission difficile de (ré)concilier les écoles russes et françaises. Son pari ? Associer les deux méthodes. La méthode Française se caractérise selon elle par un jeu ludique et amusant. Tout le contraire de la méthode russe, "très sévère", qui s'inscrit dans la tradition classique et ne tolère pas "les plaisanteries françaises". La quadrature du cercle, alors? "Ca fait un bon mélange" sourit Tania.
Ses références s'appellent Sviatoslav Richter, le "géant" du clavier, et l'immense Evgeny Kissin, dont elle loue la finesse de jeu et la compréhension. "Il me touche droit au coeur" confie-t-elle. Côté français, elle admire François René Duchâble "le meilleur". Et elle ajoute aussitôt "avec Hélène Grimaud". Est-ce un hasard si Tania apprécie également la pianiste aixoise au tempérament fougueux ? Rien que cette même détermination qui passe au travers de leurs regards clairs pourrait les faire passer pour des soeurs. Leur maturité précoce aussi. Mais Tania n'a pas besoin d'exemples ou qu'on lui montre la voie à suivre. Elle préfère des relations d'amitié, comme celles qu'elle a noué avec la grande pianiste Jacqueline Eymar. Et forte de sa philosophie et de ses convictions, elle avance dans la vie avec la même dextérité que ses doigts sur son clavier.
Tania Simonova - Tél. : 06 25 23 25 70
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